Rechercher
  • asideproduction

Aurevoir Myanmar


Mawlamyine

Nous arrivons bien évidemment la tête dans le cul et d’une humeur assez moyenne. Ce ne sera pas une soirée très productive. Nous mangeons au marché de nuit local en soirée, où une belle ambiance familiale règne. Il y a plusieurs petits couples d’ados en ‘date’, c’est mignon à voir. Les gens au Myanmar sont très différents; ils sont polis, mange proprement, sans bruit, avec leurs ustensils et les moments à table sont des moments d’échange.


Nous partons tôt le matin après un copieux déjeuner (cette auberge adore salir de la vaisselle​ ​​inutilement). Nous sautons sur une moto, visitons rapidement le marché local et puis en route pour l'île d’en face. Nous somme dans l’état Mon. C’est probablement un des endroits où les gens sont les plus gentils. Une fois le pont traverser, boom, l’orage. Mais pas une petite. Nous arrêtons rapidement nous réfugier sous un abri avec des locaux, qui observent les deux ovnis venus de Mars. Ils ne savent pas comment réagir. Nous les observons, ils nous observent. Les éclaires tombent tout proche. Quel bruit. Petit café, la pluie cesse.

Les champs sont beaux, c’est très rural comme endroit. Je montre à Guillaume comment conduire la moto semi-automatique et c’est partie pour l’exploration des villages. Il y en a autours de 70 je crois. C’est certainement dans les plus beaux coins du pays. Nous passons à travers de nombreux villages, tous très différents les uns des autres. Les maisons sont construites avec différents matériaux, il y a même un peu de design, les rues sont petites, calmes et charmantes. Et ici, personne ne vient. Partout où nous allons, les gens s’arrêtent, nous saluent avec le plus grand sourire du monde ou bien avec la mâchoire sur le plancher. Le nombre de fois que les gens ont figé, stoic, comme si Brad Pitt sonnait à votre porte un mardi après-midi pour leur offrir un abonnement au journal, mettons! Quand les classes se terminent et que les jeunes marchent partout dans les rues, les allos n'arrêtent pas, nous sommes la parade du village. Tant de beaux sourires, ça te remplit de bonheur ce n’est pas long.

Question de finir le tout en beauté, pourquoi pas se gâter avec une pizza pour souper? On trouve le seul resto qui en fait. On attend patiemment que ça arrive, énervés. Et tadaaa…..aaaahhh??! C’est quoi ça? En apparence, c’est presque une pizza, rond, pâte gonflée, fromage sur le dessus. Je prends une bouchée. Elle descend péniblement. J’ai peine à finir mon morceau. La sauce: une base a la mayo, et du ketchup pour la sauce tomate. Incapable, mal au coeur. Même Guillaume a de la difficulté. Déception.

Notre deuxième journée en moto ne peut évidemment pas battre la première. Nous allons voir un géant, mais géant monument d’un bouddha couché. En fait, il est encore en construction, et ils en construisent un autre juste en face. C’est assez… kitsch, si on veut. Mais c’est impressionnant à cause de la taille. Nous sommes la haute d’un ongle d’orteille. À l’intérieur c’est plusieurs chambres en constructions avec des statues qui raconte des histoires bouddhistes. En gros, ordinaire.


Nous essayons de trouver un endroit où les gens font de la poterie traditionnelle. Les recherches ​​sont plutôt compliquée mais finalement on arrive dans une maison dans le village. L’homme nous fait entrer, les poutres de bois du toit sont super basses, Dans le fond derrière, sa femme est en petit bonhomme, et fait tourner sa poterie. On s’assoit pour la regarder habilement faire. La glaise qu’elle utilise est en fait le plancher, ou le sol de la maison! C’est comme si elle prenait son plancher de cuisine pour se faire des pots de fleurs. L’idée nous semble étrange, mais à voir combien de pots et bols empilés partout, ça semble leur convenir. C’est surement plus pratique qu’un plancher.

C’est le temps de prendre un autre bus, local cette fois. Mais c’est relativement confortable et nous avons que deux heures de route. Le paysage est super beau, et très vite, nous voici dans la magnifique région de Hpa An.


Le temple est dans le nuage en haut à droite

Hpa An

Nous tombons aussitôt sous le charme de la petite ville de Hpa An. Pour une fois, nous sommes accueillis par un soleil brillant. Le paysage est bien différent de ce que nous avons vu jusqu’à maintenant; de grandes plaines avec de géants pics rocheux qui s’élèvent de nulle part qui parsèment les terres. C’est verdoyant. Les gens sont rassemblés sur les berges du fleuve et jouent au volleyball. C’est vivant.


​​Nous nous installons rapidement pour aller admirer le coucher du soleil (et oui, encore), d’un temple sur le bord de l’eau. Un moine nous fait entrer dans le monastère et nous amène dans leurs quartiers, où la vue est numéro un.

Nous commençons notr deuxième journée, un peu plus tard que prévu, question de regarder un peu ce qu’il y a à faire, louer une moto, etc. Quelques kilomètres plus loin, le ciel nous tombe dessus. On dirait que l’histoire se répète sans cesse. Pause café encore, les canards qui nous tournent autours sont les seuls heureux de la pluie. La famille qui tient le petit endroit où l’on se trouve, les parents et trois jeunes enfants, se recroquevillent sur les palettes de bois (qui servent de ‘divan’), en groupe, avec quelques coussins et passent le temps ensemble. Chez nous, tout le monde serait sur son téléphone, ou devant l’ordi, la télé, mais ici…ils font ce qui semble le plus ‘naturel’ de faire. Bref… c’est peut-être l’effet de la pluie qui joue sur mon humeur.

Yay! Une pause de pluie! On file vers le temple dans la cave, notre premier arrêt. Belle route, avec les montagnes à nos côtés. Enlever nos souliers, encore, pour marcher dans une cave mouillée, encore, pour une cave trop pleine de Bouddha. Cette fois, nous nous faisons suivre par des locaux, pour; devinez quoi? Se faire prendre en photo avec nous! Je commence à en avoir marre des caves-temples. En sortant, qu’est-ce qui recommence? La pluie. Heureusement, il y a une place où se baigner juste à côté. On se trempe l’orteille voir. C’est glacé. Laisse faire. On retourne à l'hôtel attendre que la pluie cesse.

Il nous reste que deux heures avant que le soleil se couche. Nous traversons le fleuve à moto, traversons les villages, saluons les gens, et arrivons à un des monticules rocheux. Nous escaladons en un temps record et de la haut, admirons la vue de 360 degrés des environs. Le ciel nous donne tout un spectacle.

La noirceur du retour annonce une chose: les bibittes! Il pleut littéralement des mouches! C’est comme si toutes les bestioles décidaient de venir se suicider dans mes lunettes. Un gros papillon ou barbeau qui te frappe dans le front, ça ne fait pas de bien à cette vitesse, je vous en passe un papier. Ça c’est quand tu ne respires pas une mouche par le nez! Pour compléter mon souper d’insectes, le night market. Marché de nuit très convivial, beaucoup de choix, belle ambiance. On essaie une panoplie de trucs différents, pour la plupart, délicieux.

Mais de retour à la chambre, Guillaume malade, prise 2. Nuit difficile, pannes de courant constantes et Guillaume qui vit une histoire d’amour très intime avec notre salle de bain. Ça ne feel pas mieux le lendemain matin. Je pars seul pour la journée pendant qu’il se repose. Très différent d’être seul sur la moto. Beaucoup plus difficile de saluer les gens, pas de copilote et personne à qui crier: regarde ça!! Mais j’en profite au max. Je m’aventure dans des chemins de terre rouges, qui semblent aller nulle part, pour finalement déboucher sur une grande plaine avec les pics rocheux qui s’élèvent devant moi. Traverser une rivière, aboutir dans un village où personne ne va, parler en mime avec des locaux, admirer la vue… et il n’est même pas 12:00. Je file vers une autre cave (tiens donc) qui est supposé être géniale.


​​Déjà l’entrée semble prometteuse, sous un géant pic. J’entre, mais je traîne mes souliers. Bon une fois les bouddhas passés, il y a un peu plus de diversité niveau caverne, avec des formations rocheuses intéressantes. Le sol, parsemé de guano (merde de chauve-souris) et de boue, offre une expérience spa non-désirée. Bon, un ruisseau. J’ai tu dis que je commençais à haïr les caves? Le sol est tellement glissant par moment, que je me tiens au plafond. La cave abouti face à un magnifique lac, avec des embarcations de bois, entouré de montagnes. Un petit jardin d’Éden. Paisible. Il y a une autre cave juste à côté. Bon, tant qu’à y être.

Celle-ci, n’est pas éclairée. J’entre, utilise ma lumière de cellulaire, mais ne voit presque rien, sol boiteux. Poule mouillée que je suis, je rebrousse vite chemin. Je m’arrête dans les escaliers pour regarder dans mon cellulaire les commentaires des gens, pour voir si il y a quelque chose d’autre à voir. Un moine me fait signe avec une lampe de poche. Crotte. L’orgueil. Je ne peux pas dire non quand même. Merci monsieur moine.


J’entre dans la cave. La médiocre lampe de poche ne produit qu’un maigre faisceau de lumière directe. Mon cellulaire complète à peine. Je fais quelques pas. Je ne vois rien autours du petit rond que j’éclaire. Les millions de chauve-souris qui y vivent, crient. J’éclaire de magnifique cristaux scintillants. Mes genoux tremblent, comme un enfant. Je me mets à chanter. Fort! Je dois focuser sur quelque chose. J’ai vraiment peur, une vraie peur instinctive d’être tout seul dans une grotte, noire, mais noire! J’avance, chaque pas est un challenge. Au fond je vois des lueurs de chandelles, des bouddhas! J’essaie de m’y rendre un pas à la fois. En éclairant les cristaux, une immense, mais immense araignée. Plus grosse que ma main. Frissons dans le dos. Je continue un peu, mais je ne sais plus quoi chanter là. Je rebrousse chemin. J’ai chaud.

​​Pour retourner à l’entrée principale, j’embarque dans un des canots avec deux locaux, dont un qui parle très bien anglais. Nous passons à travers une cave inondée, des marais, entourés de montagnes. Ça valait amplement le coup!

Je resaute sur ma moto, à travers des chemins de terre complètement vides, pour aller chercher Guillaume, qui se sent mieux. Nous allons visiter un parc rempli de statues de qui? Bouddha! Et couché de soleil près de pic, sans feux d’artifices.


Dernière journée à Hpa An, qui commence comme les autres, avec une pause café pluie après quelques minutes de route. Et puis nous commençons l'ascension du plu haut pic de la région. Il y a un monastère perché sur le haut, dans les nuages. La vue est superbe tout au long, le ciel couvert nous empêche d’avoir trop chaud. Montée difficile, qui nous rappelle que nous avons perdu la forme. C’est magnifique de la haut. Les nuages dansent, c’est calme, nous sommes au dessus de tout. Nous tordons nos camisoles complètement détrempées, puis descendons. Retordons nos camisoles, et allons nous baigner dans une chute non loin. Et c’est l’heure de faire nos bagages. C’est la fin de l’aventure.​​

Notre bus est confortable cette fois-ci, mais je crois qu’ils essaient de cryogénisé les gens pour qu’ils dorment. La clim doit être à turbo, les locaux ont des tuques… j’ai déjà vu des hivers moins froids que ça! Emmitouflés dans nos couvertes, on dort comme on peut. On s’arrête à des endroits bizarres au milieu de nulle part et arrivons à l’aéroport … avant qu’il ouvre. Nous avons quelques heures à tuer avant nos vols respectifs; Guillaume pour Kuala Lumpur, moi pour Jakarta en Indonésie. C’est difficile de dire au revoir, le temps a passé vite, et comme nous faisons une team de voyage d’enfer, ce sera difficile de retourner au mode solo. Ce ne sera que partie remise.

Prochaine aventure qui commence: l’Indonésie.



18 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout