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Atteindre de nouveaux sommets



Le levé est tôt. C’est le temps d’aller escalader la plus haute montagne de l’Asie du sud-est: le mont Kinabalu (4095m). Mon transport vient me prendre, avec David et Ananda déjà à son bord. On passe prendre Mike en chemin. Mike: Américain typique (au début il semble bien cool, mais il va me taper sur les nerfs avant la fin de ce chapitre, je vous l’annonce tout de suite). C’est le gars qui a vu le gars qui a vu l’ours, qui sait tout, parle fort, etc.


Les paysages en routes sont superbes, les nuages sont très bas autours de la montagne. C’est sensiblement la même route que j’ai fait avec Ben pour aller aux hot springs. Arrivé au parc national, on rencontre nos deux autres comparses, deux Australiens, Vincent et Gavin. On mange une bouchée en bas avant de partir, et tous bien excités, on commence l’ascension. Au début tout semble beau, facile, la jungle est belle, il y a une brume qui rend le tout majestueux, voir féérique. La montée s’annonce plutôt difficile, c’est que des escaliers, soit naturelles, dans la roche et tout, ou en bois. C’est un bon entraînement. Et puis hop, des petites gouttelettes. Et puis hop, des plus grosses gouttelettes, et puis hop l’ouragan Katrina qui se pointe le nez. Le Dé-Luge! Non seulement on monte, donc on sue, mais en plus, on est tout mouillé par la pluie. Je mets mon imperméable, mais il garde tout l'humidité à l’intérieur, mon t-shirt mouillé me colle dessus, ça fait froid… Et c’est pas une petite pluie passagère là, non non non, 4 heures de temps! Les 4 heures que ça nous prend nous rendre au camp de base. Niveau de plaisir: zéro, aucun. S’il y avait eu une porte de sortie de pense que je l’aurais prise. Misère.

Et le chemin devient inondé rapidement, c’Est littéralement comme escalader une chute d’eau en


permanence, puisque l’eau coule à flot comme une rivière sur le chemin. Les souliers et bien je vous en parle pas, vous pouvez deviner. C’est là que le mental embarque. Il faut se parler, et pousser les limites parce que non seulement tu es inconfortable comme tout, mais tu n’as pas de plaisir. Demandez-moi pas le paysage a l’air de quoi, je ne l’ai pas vu… juste mes pieds dans la boue et l’eau et moi qui grogne. Ah, et autre détail, plus on monte, plus l’altitude nous affecte. à partir d’un certain niveau, je commence à être étourdi et avoir moins d’équilibre. Bref, la montée, c’était de la merde. Évidemment, Mike a trouvé ça formidable lui.

Mike: Wasn’t it just awesome? ( Non mais c’était tu pas génial?)

Moi: No, worse things I’ve done in my life! (Non, c’est la pire affaire que j’ai fait de ma vie). Dit avec ma face légèrement condescendante.

On arrive au camp de base où on passe la nuit. Tout dans mon sac est trempé, je n’ai plus de pantalons, ma veste est à moitié mouillée. J’enfile mes jolies pantoufles fournies et me fais une jupe avec ma serviette pour avoir quelque chose de sec. D’un chic mon ami. Le chalet est très agréable par contre. être arrivé met un baume sur les dernières heures. Puis le repas est servi; un copieux et délicieux buffet qui nous fait tout oublié. Nous sommes un groupe de 6 très plaisant donc nous passons un bon moment. Nous nous couchons tôt puisque l’ascension du sommet commence en milieu de nuit.


2:00 am, bon matin les poulets. Mike, debout déjà depuis 15 minutes se parle tout seul, fait ses exercices, fait son sac… Les oiseaux chantent déjà dans sa tête, lui. On a un petit dej de compris et puis on commence la montée du sommet. Par chance, la météo est clémente. Le ciel est couvert d’étoiles alors que nous montons ce gigantesque cap de granite. Je prends des pauses afin d’admirer où je suis et profiter du moment. La fatigue et le manque de sommeil se fait sentir, mais chaque pas, un à la fois, nous rapproche du sommet (qui ne semble jamais arriver). Et puis, le voici. Le soleil commence à se lever juste au moment où j’arrive en haut. Les nombreux pics de granite se dessine à l’horizon et autours de moi. Le ciel nous offre un spectacle haut en couleur. Tous ces efforts sont récompensés.

Nous ne restons pas trop longtemps en haut puisqu’il fait froid et nous avons plusieurs heures de descentes devant nous. Juste le temps que le soleil se lève. Le granite reflète la lumière. C’est la joie en descendant de découvrir tout ce que l’obscurité cachait. Il y a de nombreux gigantesques pics de roche. Nous avons dû monter certaines parties en se tirant avec une corde puisque la pente était trop abrupte, c’est le temps d’inverser le processus. Nous arrêtons manger au camp de base (et une petite sieste en même temps) avant d’entreprendre la grande descente. Je me plante presque au début et me cogne comme il faut.

Mike: Oh I have advils if you need (ah, j’ai des advils si jamais).... Idiot.

Comme chacun descend à son rythme, je me retrouve à faire le chemin seul. Je profite beaucoup du moment pour réfléchir et apprendre à apprécier ma propre compagnie. Je profite beaucoup plus des paysages également, la brume à travers la jungle, les sons forts des oiseaux et insectes, les rayons de soleil qui percent à travers le arbres. Il y a de beaux moment avec des points de vue magnifique avec la jungle qui s’élève au dessus des nuages. Je suis de très bonne humeur. Je réussis à descendre en 2:30.

C’est le temps de prendre la route. Nous nous séparons, Ananda, David et moi poursuivons ensemble en prenant un bus pour Sandakan. Le dit bus finit par arriver, les seules places restantes sont à côté des toilettes (un classique). Ça brasse la dedans mon ami. Quelques minutes sur le chemin et puis boom, arrêt. Le bus a frappé une voiture. Que ça commence bien. La moitié du bus sort pour aller sentir dehors, puis on reprend la route...jusqu’au poste de police. On y passe probablement une bonne heure. Des films violents et bruyants jouent, nos nerfs sont à bout, nos jambes tremblottent; est-ce qu’on peut partir?!! Le chemin qu devait prendre entre 4-5 heures, en a pris 7. Nous sommes arrivés à Sandakan avec le sourire un peu bas. Mais contents d’être enfin sur place. Le lendemain mes mollets sont plu gros que mes cuisses, vive la randonnée!

À venir: un rêve qui se réalise



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